CHOPIN 2010
  • LES CÉLÉBRATIONS DE L’ANNÉE CHOPIN

    Agenda : une source de connaissances sur quoi, où et quand pendant l’Année Chopin :
    •    évènements : concerts, expositions, spectacles, autres
    •    reportages
    •    interviews
    •    Kordegarda Chopin 2010

    plus >
     
  • BASE DE CONNAISSANCES

    Un véritable trésor de connaissances sur la vie et l’œuvre de Fréderic Chopin :
    •    quiz, curiosités
    •    discographie et publications recommandées
    •    supports éducatifs
    •    iconographie
    •    présentation des lieux Chopin
    •    pour en savoir plus

    plus >
     
  • CHOPIN POUR LES ENFANTS

    Un site destiné à aider les enfants à entrer dans le monde de la musique de Chopin :
    •    jeux interactifs, activités ludiques pour les plus jeunes
    •    guide parental

    plus >
     
  • INTER:ACTIONS

    Actions communautaires associées aux célébrations de l’Année Chopin.

    plus >
     
  • Programme TV

    Archives des épisodes de l’émission télévisée Chopin2010.pl diffusée par la chaîne polonaise TVP1.

    plus >
     
  • LE BUREAU DES CÉLÉBRATIONS CHOPIN2010

    Plateforme de communication entre les institutions, les journalistes et les organisateurs des évènements des célébrations. Informations officielles :
    •    activités passées, actuelles et programmées du Bureau
    •    artOffres : projets artistiques mobiles
    •    offres touristiques sur le thème Chopin

    plus >
     
  • VOTRE COMPTE SUR CHOPIN2010.PL

    Chargement en cours

    ###LABEL_LOGIN_FAILED###

    Réessayez

    Enregistrez-vous sur CHOPIN2010.PL pour:
    •    ouvrir une session simultanée sur tous les sites Chopin
    •    ajouter, mettre à jour des évènements dans le cadre de l’Année Chopin
    •    créer votre propre liste d’évènements, et l’imprimer sous un format pratique
    •    recevoir une lettre d’information, participer à des concours et gagner des prix attrayants

    ...
    plus >
     

Recherche

 

Patronage d’honneur

plus >
 

Mécènes

plus >
 

Partenaires

plus >
 
5.01.2010
Catégorie: Entretiens

Tout Simplement, CHOPIN!

Entretien avec le Ministre de la Culture et du Patrimoine National, M. Bogdan Zdrojewski

L’Année Chopin 2010 représente un défi scientifique, artistique, éducatif, de promotion. Elle est une page importante de l’histoire contemporaine de la musique polonaise, de la culture polonaise, liée au 200e anniversaire de Frédéric Chopin. Elle est aussi un moment privilégié. Quelle est votre conception personnelle des célébrations de l’Année Chopin, y attachez-vous des objectifs spécifiques, des missions d’exception?

Il y a près de cinq ans, lors d’une session de la Commission parlementaire de la Culture, lorsque j’avais postulé que soit adoptée une résolution pour que le Parlement de la RP prenne en charge le parrainage sur l’Année Chopin, j’étais convaincu que nous serions en mesure de réaliser cette mission seulement en prévoyant une telle marge d’anticipation pour assurer un niveau correspondant à la qualité, à la classe, à la dimension du compositeur. Ce postulat a suscité l’étonnement car de l’avis général, l’anticipation était exagérée. Waldemar Dąbrowski a entrepris les premières démarches, ensuite des complications sont apparues, inquiétantes... J’ai l’impression que nous sommes aux prises avec notre „indolence dans les activités de promotion”. Le niveau des préparatifs en 2007 m’a surpris. Tous les projets se trouvaient suspendus, frappés de perturbations extraordinaires. Les plus grands projets de fond étaient dans un état surprenant... Aujourd’hui, je suis satisfait car malgré de nombreux cas de perte de temps, d’obstacles naturels et injustifiés, nous sommes sur la bonne voie. Dans la culture mondiale, il n’y a pas d’autre personnage aussi fort qui, par cette interférence de l’art et de l’histoire, situe la Pologne aux sommets de la gloire, comme le fait Frédéric Chopin. Nous savons très bien que, pour notre activité, ce n’est pas ce grand compositeur qui a besoin de nous, tout au contraire, c’est nous qui avons besoin de lui. Ce qui m’importe le plus, c’est que ce ne soit pas un feu d’artifice ponctuel. Il ne faut pas faire de ce moment exceptionnel, une justification, une sorte de relache, pour ensuite calmer notre conscience infectée de petits, mais non moins nombreux « péchés de négligence ». Aujourd’hui, lorsque nous avons cela à l’esprit, il faut tout faire pour relier ce personnage à... Brochów, Żelazowa Wola, Varsovie, la Pologne. Ce moment ne doit pas être celui de l’appropriation, mais celui de la présentation des sources de l’oeuvre, et surtout, celui de la promotion de la Pologne, dans un esprit de respect professionnel de l’ensemble de l’acquis. Je peux dire que nous comptons plus de succès que d’échecs. A mon avis, tout devrait être extrêmement simple : Tout Simplement, CHOPIN!

Chopin et sa musique nous sont confiés, comment devrions-nous y veiller?

Nous ne devons pas faire une pièce de musée ni du personnage, ni de son oeuvre. Le fait que Frédéric Chopin nécessite une institution professionnelle à caractère monographique, biographique, ne veut pas dire qu’il faut conserver l’acquis artistique ni la personnalité créative dans du formol. Il ne faut pas non plus édifier de faux autels ni de piédestaux en plastique. Chopin n’a pas besoin de cadre artificiel, il remplit très bien le rôle d’empereur de l’univers de la musique et de la culture.

Comment inspirer les générations des gens de science et d’art, approfondir la compréhension artistique et le message moral de l’oeuvre de notre compositeur national, dans la musique de Chopin?

Dans le cas d’une matière aussi subtile que l’oeuvre de Chopin, il faut du doigté, de la délicatesse, mais aussi de l’espris de suite et de la complémentarité dans l’action. Il faut achever tous les travaux liés aux endroits les plus importants de séjour et d’activité de Frédéric Chopin en Pologne. Il est important d’achever l’oeuvre de l’équipe du professeur Ekier: l’édition intégrale des partitions commentées des compositions de Chopin. Les plus importants projets musicaux seront marquants, mais les artistes ont des attentes concernant également les possibilités d’expérimenter, à un bon niveau de réalisation.

Il y a différentes formes de promotion des villes ou des régions d’Europe par les grands créateurs auxquels elles sont liées. Salsbourg a bien son Mozart, Vienne a Strauss, nous avons Frédéric Chopin. Comment à votre avis, peut-on présenter et promovoir la Pologne grâce à Chopin?

La présentation de Chopin ou de la Pologne d’aujourd’hui est la mission principale des acteurs professionnels en charge de la promotion. D’une part, les lieux connus de tous, comme p.ex. Żelazowa Wola, Brochów, le Chateau Ostrogskich à Varsovie ne peuvent pas présenter un aspect obsolète et empoussiéré. Ce serait une preuve de manque de respect à l’éminent artiste et en même temps, une raison d’attribuer une mauvaise note aux Polonais. D’autre part, il est important que la Pologne édite avec le ISB polonais, l’ensemble des partitions de Chopin pour satisfaire tous les besoins musicaux imaginables, préparées professionnellement, dans un style homogène et avec une conséquence poussée. Ce ne sont que quelques exemples. Par ailleurs, nous ne pouvons pas nous limiter uniquement aux frontières de l’état polonais. Je suis satisfait des effets de mes discussions avec Mme Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication de France qui a réussi à faire protéger la tombe de Frédéric Chopin par le parrainage de l’état français, après de longues années. Dans le cadre de notre mission, il est également important de nous acquérir de nombreux et éminents ambassadeurs de la culture à Berlin, Moscou, Tokyo ou Singapour. J’observe avec plaisir que cela est possible. Nous devons apprendre à assurer une promotion efficace de la Pologne grâce à la culture. L’Année Chopin, excusez la comparaison, est une sorte de Formule 1 dans ce type d’activité. Nous assurons la promotion de la Pologne par la meilleure des marques. Pourtant Chopin n’est pas un produit. Il est beaucoup plus précieux, il demande du tact, du professionnalisme et de la réflexion, pour savoir quelles seront les retombées de telle ou autre action dans les années à venir. Il faut choisir les actions qui s’inscriront dans la durée. Pour nous, les Polonais, Chopin ne représente pas seulement la musique à un niveau universel, mais aussi de grandes émotions positives, variées. Ce potentiel culturel ne peut pas être gâché. Aujourd’hui, la perception des concertos, études, ballades est-elle identique pour des générations différentes ? Je ne le pense pas. Mais je n’y vois aucun mal. Chaque génération qui vient a le droit de s’émouvoir à sa manière. Je ne pense pas non plus que „Chopin” est nécessaire pour réaliser une politique de dialogue entre les générations, par contre Frédéric Chopin est absolument indispensable pour renforcer, cristalliser les liens culturels à un niveau élevé. Je souhaite qu’il soit un levier, un moteur pour les autres créateurs. Il semble que le projet réussi, prévu pour l’année prochaine, doit servir l’ensemble de la culture, tous les acteurs de la culture, et surtout, chaque nouveau défi de promotion. Je crains plus l’exagération dans ce domaine que le contraire.

La musique de Chopin est la quintessence de nombreux aspects et de différents éléments de synthèse des arts, est-ce seulement une porte ou encore un portail de la culture polonaise produisant son impact sur l’esprit de la nation et la perception de notre pays à l’étranger?

Il n’y a pas de portillon, porte ou portail. Il y a un fabuleux espace de beauté, ouvert et incommensurable, l’espace illimité des valeurs artistiques. Cet espace est compris par les Polonais, les Français, les Russes aussi bien que par les Chinois, les Japonais, les Brésiliens, les Néo-Zélandais ou encore, les habitants de l’Afrique du Sud. La musique ne connaît pas de frontières. Je n’imagine pas non plus de lancer une mode spécifique pour la musique classique et Chopin. Je proteste fermement ! Chopin mérite un attachement fidèle!
On ne peut pas rester caustique ni chauviniste dans cette matière artistique, ni dans les actions qui sont organisées. Chopin évolue dans chaque compagnie, dans chaque contexte.

Quelle devrait être la mission primordiale de l’organisation, dans le cadre du prochain 220e anniversaire de Frédéric Chopin?

Les missions de l’organisation des célébrations de l’Année Chopin se donnent pour objectif de transgresser toutes les frontières: des pays, des continents, celles du temps, de l’impossible etc., mais surtout celles de ne pas oublier les plus jeunes. Ne pas les oublier intelligemment (rire). Pour ne pas „assomer” avec Chopin. L’année de cet éminent compositeur et artiste, est l’année de remises en état, de fête et d’éducation. Ce dernier élément est pour moi particulièrement important. Je n’imagine pas la situation où une personne ayant de l’éducation ne serait pas capable de reconnaître au moins les oeuvres fondamentales de Frédéric Chopin. Je suis d’autant heureux que l’année 2010 sera la première année où la musique sera une matière obligatoire au programme de l’école primaire publique. Ce n’est que le début de cet investissement d’importance dans la plus jeune génération. Cela a été la plus grande erreur des deux dernières décennies de la Pologne libre et démocratique, d’avoir systématiquement restreint l’éducation culturelle. Les générations du baby-boom se sont ainsi retrouvées privées de la possibilité d’avoir la compétence de participer pleinement à la culture. C’est une perte irréparable. J’ai également le sentiment que si la barre est placée trop haut, ou si les missions ne sont pas formulées de manière suffisamment précise, nous risquons de décourager l’effort. Le mieux serait d’entreprendre l’éducation culturelle modestement, professionnellement mais concrètement. Mon effort, notre effort vise avant tout à stopper le processus de dégradation de la culture, et à nous battre pour remettre à niveau les pertes et les coûts de ces grandes négligences. Aujourd’hui, nous aboutissons à des décisions sur la « Phonothèque scolaire ». Après la « Filmothèque scolaire », ce sera encore une autre série d’outils pour l’éducation professionnelle en matière de musique pour les non-artistes. C’est là que la signification de l’oeuvre de Frédéric Chopin sera logée à la bonne adresse. C’est une grande mission, extrêmement importante, et les experts et spécialistes se prononceront sur la méthodologie de la formation. La responsabilité pour l’éducation culturelle, y compris musicale, doit devenir la mission de chaque institution artistique qui puise dans les deniers publics. J’ai l’impression que cette opinion commence à être partagée par un grand nombre de milieux.

Le fait d’accorder un rang aussi élevé aux célébrations de l’Année Chopin, fera-t-il mieux connaître la vie et l’oeuvre de Chopin aux Polonais et dans le monde?

La tâche la plus importante est de surmonter la barrière liée à un phénomène exceptionnel, extrêmement dangereux qui est l’acceptation de l’incompétence dans la culture. Je reste optimiste quant au fait que l’année 2010 contribuera à s’opposer à ce phénomène. A présent, nous gagnons du terrain sur les retards, nous le faisons en des temps olympiques et c’est un peu juste, comme pour Mozart, Bach, Beethoven. Le public saura apprécier les célébrations et attribuer leur rang d’importance aux meilleures et le mieux préparées.

Les retombées de la crise se font également ressentir en Pologne. A l’heure des économies collectives, de la recherche de fonds, il est bien difficile de s’attendre à de la prodigalité pour investir dans la culture, mais il serait surtout dommage d’abandonner les projets avancés dans le cadre des célébrations du Jubilée de Chopin. Quel est le volume des moyens que vous avez l’intention de prévoir pour les préparatifs, les investissements et les célébrations de l’Année Chopin?

L’Année Chopin demandera au total près de 200 mlns de zlotys et les investissements représentent la moitié de l’enveloppe. Ce sera un reccord absolu en matière de soutien! L’agenda des célébrations est très varié, la richesse des projets musicaux qui doivent être réalisés souligne le bien-fondé des moyens mis à disposition, et je suis conscient qu’il ne faut pas lésiner sur la culture. Nos efforts tiennent à prouver que la Pologne est un pays, une nation qui représente les plus hautes valeurs dans chaque domaine.

Pour connaître un artiste, il faut suivre sa trace dans les lieux de ses pérégrinations. Les itinéraires de Chopin sont peuplés de touristes polonais et étrangers. Les actions de marketing se donnent également pour objectif de retracer le portrait de l’artiste. Pensez-vous que tout a été fait pour quitter la philharmonie pour la rue, pour toucher directement le coeur du public ?

Je suis au grand regret d’avouer que non. Nous nous rapprochons des normes et des standards souhaités, mais il s’en faut encore de peu. Notre expérience se forge dans le feu de l’action, et le progrès est bien visible! Il y a encore quelques années, on pouvait parler de catastrophe. Tout était artificiel, aléatoire, lourd, et ce qui manquait le plus, c’était justement Frédéric Chopin en soi. Aujourd’hui nous avons levé bien des barrières. Les projets sont confiés par exemple aussi bien à des personnes d’Italie qu’aux agents du NIFC (Institut National Frédéric Chopin). Le progrès qualitatif est aujourd’hui visible de tous, il me semble.

Pensez-vous que le fait de montrer aux enfants Frédéric Chopin comme un petit garçon enjoué, rieur et aimant la musique, tel que le présente Michał Rusinek dans son livre « Petit Chopin », puisse avoir une influence sur l’évolution de leur sensibilité et de leur esprit musical?

Le Ministère de la Culture prépare un site pour les enfants prévoyant de présenter aux plus petits de manière simple des connaissances sur Frédéric Chopin et sa personnalité de créateur. Nous avons du respect pour ce jeune public à la recherche d’informations culturelles et nous savons combien il est exigeant. Nous sommes responsables de l’évolution de son goût esthétique et de sa sensibilité culturelle. Ce qu’a fait Michał Rusinek mérite un „prix nobel – Chopin” avec tout le respect. J’ai pris grand plaisir à lire le „Petit Chopin » et à écouter les oeuvres proposées. Chopin est la meilleure marque de la culture polonaise et l’auteur a très bien réussi le mettre en valeur.

Dans le cadre du 200e anniversaire de Chopin, avez-vous un rêve que vous avez toujours souhaité réaliser et qui est toujours resté inaccessible?

J’ai bien un rêve, mais impossible à réaliser ... car il est inconcevable que, par exemple, chaque membre du gouvernement, y compris moi-même et le premier ministre, sache jouer au moins un fragment de n’importe quelle oeuvre du grand Frédéric... (rire). J’exprime par là mon grand respect pour tout le milieu de la musique et artistique, et un grand hommage à Chopin. Ernst Gombrich a écrit dans son texte « Regarder avec concentration »: « les miracles créés par les mains des maîtres restent toujours parmi nous. /.../ Toute tentative de mieux les comprendre est une expérience fort satisfaisante./.../ Nous devrions retrouver le sens des valeurs ». Je me refuse à commenter ces paroles. Elles expriment parfaitement les attentes et les espoirs liés au Jubilée de Frédéric Chopin.

Vous avez évoqué les actions que vous avez entreprises pour faire adopter l’Année Chopin et votre implication dans la fluidité organisationnelle des préparatifs et des investissements, ainsi que de l’agenda des célébrations. Cette période a duré près de cinq ans. Vous avez procédé à une sorte d’évaluation des intentions et des projets. L’année 2010 arrive à grands pas. Après 2010, restera-t-il des traces durables des célébrations de l’anniversaire de Frédéric Chopin? Lesquelles?

L’Année Chopin est une période de mobilisation exceptionnelle. Si tout devait s’en arrêter là, ce serait une défaite. Je souligne souvent, et le répète : l’année 2010 est une année d’investissement au sens large, les objectifs couvrent des décennies et non pas des dates ponctuelles. Je répète souvent aussi : l’intérêt porté à l’oeuvre, à la personne, au patrimoine matériel ne peut pas s’achever avec la fin de l’année 2010. „Chopin” est un espace trop grave de notre culture et de notre responsabilité pour le considérer comme une action ou sans professionnalisme. J’aimerais voir en lui le CREATEUR, L’OEUVRE et l’environnement polonais. Pour moi, Frédéric Chopin reste FREDERIC CHOPIN, quelle que soit l’occation et les dates marquantes.

Je tiens à vous remercier Monsieur le Ministre, de cet entretien, de vos précieuses réflexions et du temps que vous avez bien voulu nous consacrer.  

(entretien réalisé par Ewa Magdalena Filipp, Bureau CHOPIN 2010)

Tout Simplement, CHOPIN!

Tout Simplement, CHOPIN!