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5.01.2010
Catégorie: Entretiens

...CHOPIN ET LE JAZZ EN MÊME TEMPS

Entretien avec Andrzej Jagodziński, jazzman pianiste, compositeur et arrangeur.

Entretien avec Andrzej Jagodziński, pianiste, compositeur et arrangeur, créateur de l’ensemble de jazz Andrzej Jagodziński Trio, avec qui il a enregistré en1994 l’album Chopin (disque de l’année 1994 du périodique Jazz Forum, prix Fryderyk '94, laurier des Mélomanes '94 – prix décerné par l’Association des Amateurs de Jazz de Łódź), lauréat du prix Mateusz '94 du Programme Trois de la Radio Polonaise pour Chopin en Jazz et Poésie en Musique.

Avez-vous une conception personnelle de l’Année Chopin? Prévoyez-vous de donner des concerts seulement en Pologne ou bien avez-vous des projets pour présenter Chopin version jazz à l’étranger également?

Nous avons enregistré l’album avec la Sonate en si bémol mineur en pensant à 2010. Ce sera probablement mon dernier disque avec la musique de Frédéric Chopin. Je me suis attaqué à la Sonate en si bémol mineur car c’est une approche de la musique de Chopin complètement différente de ce je faisais jusque là avec mes expérimentations pour faire cadrer la musique classique avec le jazz. En 2010, je voudrais donner le plus de concerts possible avec ce répertoire, en Pologne et à l’étranger. J’ai déjà beaucoup de propositions venant de l’étranger, le monde entier se prépare à l’Année Chopin. Les invitations proviennent surtout de tous les continents, de centres polonais qui à cette occation souhaitent présenter la musique de Chopin dans une version autre que classique.

Dans le cadre du bicentenaire de Chopin, avez-vous un rêve que vous avez toujours souhaité voir se matérialiser?

La réalisation du projet lié à la Sonate en si bémol mineur est très récente et je pense qu’elle se développera cette année et en 2010. Nous faisons d’autres projets entre le classique et le jazz. Nous jouons beaucoup de répertoire principalement polonais avec un orchestre à cordes, ce sont des compositions d’auteurs polonais de jazz, avec des éléments de musique folklorique polonaise, bien entendu dans des arrangements jazz-classique. Nous n’avons pas fini d’évoluer.

Vous avez dit un jour „(...)  j’ai choisi le piano en fin de compte, et c’est grâce à la musique de Chopin (...)". Pourquoi la musique de Chopin a-t-elle tellement pesé sur votre décision?

C’est une musique qui, lorsque je l’ai entendue pour la première fois, j’ai été comme déboussolé. On peut dire que ça m’a carrément tourneboulé. Je n’étais plus très jeune, en fait je me suis mis assez tard à la musique et le piano n’était pas mon premier instrument car je jouais principalement d’un instrument à vent. J’essayais de jouer Chopin au piano et malgré des lacunes techniques. Enfin, le moment est arrivé où j’ai trouvé ma propre voie pour accéder à l’interprétation de cette musique, la voie du jazz.

Depuis 1994 où vous avez sorti le premier album intitulé Chopin, cinq autres albums ont vu le jour: Live Chopin, Chopin-Live At The National Philharmonic, Chopin-Metamorphosis, Chopin Ones More, Jagodzinski-Chopin Sonate ensi bémol majeur (b-moll). Quelle est la composition de Chopin que vous aimez le plus?

C’est certainement la Sonate en si bémol mineur qui m’a pris beaucoup plus de temps que les albums précédents car l’idée date d’il y a au moins vingt ans. Cette Sonate est toujours restée à côté du courant principal de l’oeuvre de Chopin, par son climat ou par son atmosphère romantique, propre à Chopin. Elle se situait de côté à cause de son climat sombre, de la marche funéraire, le mystère insolvable de la finale et l’énorme portée émotionnelle de sa première partie que l’on ne retrouve ni dans la musique de Chopin ni ailleurs dans la musique pour piano. Lutosławski disait de cette sonate que c’était une sculpture taillée dans le roc. Donc quelque chose qui a coûté beaucoup de travail et qui est éternel, inoubliable, indestructible, dont aucune tempête ne viendra à bout.

A quoi ressemble le processus de la création d’un projet basé sur les compositions de Frédéric Chopin? Il doit sans doute y avoir tout d’abord une étude de fond, mais une fois, c’est la matière sonore de l’original est une base pour la structure, et une autre fois, elle est seulement un point de départ.

La base de la structure, c’est justement la Sonate en si bémol mineur qui est une forme volumineuse, composée de quatre parties, et nous la respectons assez rigoureusement. Par contre nos compositions des albums précédents étaient arrangés à partir d’un motif, d’un thème ou d’une phrase qui servaient de base à une improvisation de jazz.

Difficile de dire pourquoi une fois c’est un motif, une autre fois une phrase, des changements harmoniques, ou encore rythmiques. Je crois que c’est inexplicable. C’était tout simplement ma conception de ces oeuvres, et je les ai donc arrangées de cette façon.

Comment jouer Chopin version jazz sans profanation et en restant en même temps fidèle au jazz, ce genre musical que vous avez choisi? Que faut-il éviter à tout prix? Le saxophoniste Jan Ptaszyn Wróblewski a dit: „ (...) cette musique exige de s’adapter à des situations hors normes si l’on ne veut pas couler complètement Chopin".

Je n’en ferais pas un gros problème, la situation est tout de même assez simple. Il faut jouer de manière à préserver l’ambiance, le climat que nous associons à Chopin. Bien sûr, chaque génération a ses propres associations, mais en fait le courant principal, c’est le romantisme slave. Il faut jouer de façon à garder ce style. On peut même aller un peu plus loin, pourvu que ça ne fasse pas souffrir les classiques.

Il faut donc jouer de manière à ce que Chopin soit reconnaissable, et adapter cela au jazz. Reste encore l’interprétation. Je pense qu’un pianiste de jazz qui sait swinguer et sait quelle est l’articulation pour le jazz, joue les partitions originales comme si c’était et Chopin et le jazz en même temps.

Quel serait votre commentaire de l’énoncé de Bohdan Pociej: „Le jazz est en mesure d’adapter, ingérer, transformer, parodier (...) tout ce qui est bon à être transformé comme thème, impulsion, inspiration forme mélodique, harmonique, rythmique, de coloris ou de climat tout simplement. (...) Le jazz va donc chercher les „standards” de Chopin” Etes-vous d’accord pour dire qu’il est possible de traiter absolument tout? Ou bien nous allons puiser dans Chopin parce que sa musique est géniale?

Et l’un et l’autre. Il n’y a aucun doute que cette musique est géniale. Mais les jazzmen pourraient choisir une autre musique pas forcément géniale. Le jazz est en mesure de tout adapter. Aujourd’hui on ne peut plus dire ce qui est jazz et ce qui ne l’est pas. Le jazz a plus de cent ans et s’est développé selon la même règle harmonique, mélodique rythmique que la musique classique, sur une autre durée bien sûr. Aujourd’hui, vous pouvez jouer une chanson très simple de manière traditionnelle, selon les règles de l’harmonique, du phrasé, du rythme, ou encore jouer une improvisation dite free sans aucun thème. P.ex. le pianiste joue un motif repris ensuite par la basse et par la batterie, et l’improvisation se développe toute seule en quelue sorte, sur le vif, seulement ici et seulement maintenant. Entre ces deux points, il y a toute une série de solutions. Nous pouvons jouer tout, partant du classique jusqu’aux airs folkloriques. Le motif n’a pas d’importance. Dans le jazz, ce que l’on joue n’est pas important, mais comment on le joue, et on peut prendre le thème d’une chansonnette populaire ou chez Bartók.

Trio, vous êtes trois comme le nom l’indique. Qui décide dans le groupe Andrzej Jagodziński Trio?

Je suis le décideur, c’est moi qui choisis ce que nous allons jouer. J’ai travaillé Chopin tout seul, pour préparer la matière-spécimen. Mais quand nous répétons, ou préparons un enregistrement ou un concert, et des idées nouvelles surgissent pendant les répétitions, ce sont aussi les idées de mes collègues. Et puis, nous jouons ensemble depuis tant d’années que de nouveaux éléments apparaissent forcément. Nous avons joué mille concerts, et dans le jazz, il n’y en a pas deux qui soient pareils. En fait, moi je fournis la matière, et ensuite, nous la créons à trois.

Souvent vous êtes invité à des concerts et enregistrements d’autres musiciens. Est-ce facile de renoncer à votre position de leader, comment réussissez-vous à tout maîtriser?

J’ai toujours pensé que j’allais jouer les „autres” rôles, c’est à dire de pianiste accompagnateur, en deuxième ligne derrière les solistes. Je me sentais très bien comme ça pendant vingt ans que je jouais du jazz. C’est très sympa d’accompagner quelqu’un, de mener un dialogue avec le soliste. Et si les solistes sont des grands, c’est un plaisir extrême que de participer à cette musique qui se fait devant (solistes) et derrière (batterie). Moi je suis au milieu de la scène et je dois naviguer dans cette matière musicale.

Un jour, il a fallu enregistrer Chopin, j’ai dû me mettre en position de leader et c’est resté comme ça. Je pense que l’une et l’autre position sont agréables.

„L’album du Trio d’Andrzej Jagodziński s’élève au-dessus de tous les jeux du jazz avec Chopin. C’est en fait une grande oeuvre d’art, un chef-d’oeuvre de jeu et d’improvisation de jazz"; „Perfection et originalité tout en un; fraîcheur de l’invention, goût raffiné et élégant; autant de qualités de l’art élevé, aristocratique au meilleur sens du terme."; „Jagodziński (...) pianiste de génie, avec ses excellents partenaires, développe les éléments de forme de Chopin en des compositions fascinantes de jazz."; „Brillant, élégant et doué d’imagination, ce pianiste éblouit par l’habileté de ses doigts et la qualité de ses phrases."; "Le grand succès de Jagodziński ,c’est son interprétation jazz des oeuvres de Frédéric Chopin. L’album (...) est devenu aussi – ce qui n’arrive pas souvent dans le cas du jazz – un succès commercial (prix Fryderyk '94 )." Je cite quelques unes des critiques. Le mérite est dû à une rude besogne ?

Je ne sais pas si on peut parler de rude besogne, ce qui est sûr c’est que cette besogne est agréable. Bien sûr, cela prend parfois toute la journée. Pour apprendre à jouer du piano, je m’exerçais dix heures par jour. Je n’ai jamais été un pianiste classique, je n’ai pas fait de piano à l’école, j’avais des lacunes et je les ai comblées seulement au lycée. Aujourd’hui encore, je passe des heures au piano et ce n’est pas une corvée. C’est un travail agréable, voilà tout.

 

(entretien réalisé par Joanna Maluga, Bureau CHOPIN 2010)

 

Les photos et les citations sont tirées du site de l’artiste: www.jagodzinski.art.pl

...Chopin et le jazz en même temps

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