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5.01.2010
Catégorie: Entretiens

CHOPIN NE M’A JAMAIS DÉÇUE

Entretien avec Joanna Ławrynowicz, lauréate du Concours Chopin de Darmstadt (1999), enseignante à l’Université de musique Frédéric Chopin de Varsovie.

Votre agenda artistique est très chargé : des concerts dans le cadre du cycle Chopin. Sa musique. Ses lettres, des récitals au XIVe Festival international de piano Jeux floraux en musique – Musique en fleurs, des récitals à Żelazowa Wola (lieu de naissance de Frédéric Chopin) et dans le Parc Royal de Łazienki à Varsovie aux pieds du monument de Chopin, des concerts dans le cadre du projet Sur la Route avec Chopin et des récitals au Festival Au pays de Chopin. Partout, vous jouez du Chopin. Avez-vous toujours été aussi passionnée de la musique de Frédéric Chopin ?

Chopin a toujours été très important pour moi. Pourtant j’ai été moins impliquée dans sa musique avant de trouver la clé à l’interprétation de ses œuvres. C’est bien le Concours Chopin à Darmstadt en 1999 qui a marqué la charnière. J’ai compris que Chopin m’était très proche. Avant, je m’intéressais beaucoup à la musique polonaise précédant ou suivant directement Chopin. Je pense surtout aux compositeurs qui se trouvaient sous son influence et à ceux qu’il avait influencés, comme Feliks Dobrzyński ou Józef Elsner. J’avais l’habitude de jouer souvent leur musique ; je faisais également des enregistrements. Le chef de la maison d’édition de musique Acte Préalable, Jan Jarnicki m’a soufflé une nouvelle idée et j’ai enregistré un disque avec toutes les compositions de chambre de Józef Elsner, puis des disques avec des œuvres de compositeurs postérieurs, Emanuel Kania et Henryk Melcer. Acte Préalable m’a également proposé d’enregistrer l’intégrale des œuvres de Chopin, interprétées par un seul artiste – une première en Pologne.

L’idée a vu le jour début 2005. La fin des enregistrements est prévue en 2010 et coïncide avec le bicentenaire de la naissance de Frédéric Chopin. Ce long procès, comment s’est-il-déroulé? Avez-vous opté pour une stratégie spécifique?

L’art fuit toute stratégie. Nous arrivons à la fin de notre projet, seuls nous manquent un disque solo et des concerts. Les enregistrements se font en moyenne tous les mois, parfois tous les quinze jours ou tous les trois mois, en fonction de mon agenda de concerts. Je donne toujours beaucoup de concerts; ni moi-même ni mon éditeur, nous ne voyons pas la nécessité d’y renoncer. La présence sur scène et le contact avec le public sont une inspiration pour les sessions d’enregistrement. Il est impossible de réduire un enregistrement à la seule prestation dans un studio car l’artiste qui est confronté uniquement à son micro se ferme émotionnellement à toute création. Je n’enregistre que ce qui me convient au moment donné. Cela veut dire que si j’ai joué une sonate lors du dernier récital ou des œuvres de chambre, j’enregistre une sonate ou des œuvres de chambre. Cette approche me semble plus créatrice que de s’imposer une stratégie.

Quels sont vos projets artistiques pour l’Année Chopin 2010 ?

J’ai beaucoup de propositions pour 2010 et mon agenda se remplit rapidement. Plusieurs concerts avec orchestre, des concerts de Chopin mais aussi ses œuvres pour piano et orchestre, celles qui sont moins souvent jouées. Un concert à Zabrze, un autre à Koszalin, une tournée avec l’Orchestre de Koszalin dans les villes allemandes. Un projet bien intéressant est mis sur pied par Stołeczna Estrada et ses partenaires français, Chopin au Jardin du Luxembourg à Paris. Certains dimanches d’été, des pianistes français et polonais y donneront des récitals. Six concerts sont prévus en 2010; j’espère que le beau temps sera au rendez-vous. En 2010 je partirai pour les États-Unis. Compte tenu bicentenaire de la naissance de Chopin, je pense enrichir mon répertoire de sa musique de chambre, parallèlement aux œuvres d’autres compositeurs polonais. Je pense que l’année 2010, en plus de Chopin, devrait permettre de présenter d’autres compositeurs polonais, moins chanceux que le génial Frédéric. Il y a beaucoup de grands compositeurs polonais de l’époque de Chopin qui avaient vécu à l’ombre de sa gloire.

Vous avez l’habitude de jouer pour un public très varié, aussi bien dans une salle de concert qu’en plein air. Est-ce que l’approche de l’interprète change en fonction du public ?

C’est leur aspect aléatoire qui fait que les concerts en plein air sont difficiles. Il est impossible de prévoir le temps qu’il fera et par conséquent la température de mes mains et ma condition générale. Une guêpe ou un moustique peuvent passer. Tous ces facteurs font qu’il est bien difficile de se concentrer sur scène. Par contre, le nombre de spectateurs, s’ils sont sept cents dans une salle de concerts ou quelques promeneurs assistant à un concert en plein air un jour de mauvais temps, n’influence pas mon interprétation ni mon climat émotionnel. Mon principe est que mon implication doit rester la même devant un public composé de mélomanes ou un public composé de spectateurs de passage. Je m’implique même plus quand je sais qu’il y a de simples promeneurs qui assistent à mon concert dans le Parc Royal de Łazienki, qui sont là pour bronzer sur le fond de la musique. Je m’efforce d’être encore plus convaincante pour toucher ceux qui ne sont pas passionnés par la musique classique.

Vous venez de le dire, les concerts de plein air sont imprévisibles, en termes de temps et de silence ou plutôt de son absence. Vous devez faire preuve d’une grande capacité de concentration. Est-ce une capacité que l’on apprend avec le temps ou s’agit-il de votre disposition innée ?

Il s’agit d’une capacité que l’on peut développer. Les pianistes originaires de l’Extrême-Orient ont une capacité de concentration tout à fait exceptionnelle ; les artistes européens ne la maîtrisent pas autant. C’est une capacité permettant de s’isoler totalement de son entourage pour s’imprégner de son activité. Les années passant, je me dis que peut-être une capacité de concentration trop forte nous coupe de ce qui nous entoure. Un concert est surtout une relation vivante avec le public et mon expérience m’a appris que chaque concert pouvait prendre une tournure différente. Parfois nous sentons que le public somnole, est assez peu intéressé et toute réaction émotionnelle se fait attendre. Observer les réactions du public inspire un artiste. Moi, je commence toujours par des œuvres me permettant de sonder le public. Il y a des concerts faciles où nous percevons la réaction des spectateurs. Parfois, cette réaction est plus atténuée ce qui inspire à devenir plus expressifs et à utiliser des procédés d’interprétation différents. Il faut faire preuve de volonté pour arriver à se concentrer et bien communiquer, malgré le mauvais temps et la mauvaise forme.

Est-ce que la musique de Frédéric Chopin permet de nouer facilement une relation avec le public ?

Oui, décidément. Il est l’un des rares compositeurs qui ne m’ont jamais déçue. J’ai joué Chopin sous toutes les latitudes. Chopin est très personnel et soulève des sentiments profonds ce qui rend facile le contact avec le public, qu’il soit composé de Chinois immuables, de Latino-Américains enflammés ou d’Allemands et de Russes passionnés de musique. Le public se retrouve facilement dans la musique de Chopin.

Vous avez commencé à étudier le piano avec Hanna Lachertowa. Ensuite vous avez continué vos études à l’Académie de musique de Varsovie, dans la classe de Teresa Manasterska. Vous avez été la dernière élève de Halina Czerny-Stefańska avec qui vous avez continué à vous perfectionner. Qu’avez-vous reçu de chacune de ces trois grandes dames ?

Je leur dois beaucoup à toutes les trois. Hanna Lachertowa était une enseignante de mérite. Elle m’a appris comment prendre possession du clavier, obtenir un beau son, filtrer la musique par soi-même et se préparer à jouer en public. Elle m’a appris à apprendre par cœur ce qui est tout à fait fondamental. À l’Académie de musique de Varsovie, il y a des étudiants qui ne connaissent pas la notion de mémoire intellectuelle. Ils apprennent par cœur de façon automatique et cette mémoire les trahit souvent. Hanna Lachertowa a toujours insisté sur la mémoire intellectuelle, la mémoire consciente. Moi, je maîtrise cette capacité bien rare et je lui en suis énormément reconnaissante. Teresa Manasterska m’a surtout appris à aimer la musique et je me suis ouverte à aimer ce que je faisais. Elle a toujours souligné l’importance du timbre de chaque instrument. Il y a des pianistes que ne cherchent pas à faire entendre le timbre de cor d’harmonie, de violoncelle ou de voix humaine en jouant du piano qui est souvent qualifié d’instrument à percussion (le bois touchant le bois et le tout adouci par le feutre). C’était sa passion. J’ai commencé à expérimenter avec le son ce que j’ai ensuite continué auprès de Halina Czerny-Stefańska. C’est vrai, j’ai été sa dernière élève. J’ai eu des cours encore une semaine avant son décès. Nous étions très liées. Je lui dois mon profil d’artiste. Chaque jeune personne a des doutes, se pose des questions sur son avenir artistique. Elle n’arrêtait pas de répéter que je devais continuer ce que je faisais et que je le faisais bien. Elle m’a appris que la scène exigeait surtout une volonté de fer et qu’il fallait, coûte que coûte, s’entraîner deux heures par jour, garder le sourire et faire preuve d’énergie sur scène.

Vous avez une vie professionnelle très active. Il faut de la discipline pour concilier une vie d’artiste et la vie tout court. Comment y arriver ?

C’est une excellente question. Nous sommes tous paresseux de nature. Une profession artistique est difficile car il faut faire preuve de discipline pour s’entraîner en vue d’un concert qui n’aura lieu que dans deux mois. J’enseigne à l’Université de musique Frédéric Chopin et à l’École de musique Zenon Brzewski où j’ai deux élèves très doués. Sans oublier ma famille et mon fils de cinq ans qui voudrait que sa maman passe tout son temps auprès de lui.

La discipline s’apprend. Je cite toujours les propos de Grażyna Bacewicz qui était compositeur, mère de famille et professeur. À la question comment elle le faisait, elle répondait qu’elle faisait tout rapidement. Il vaut mieux s’entraîner deux heures en faisant preuve de concentration d’esprit que d’y passer la journée en somnolant. Il est également très important de bien planifier sa journée.

La discipline fait partie de ce que certains appellent le talent. Pour parler du talent, il faut le don musical, le don manuel, la capacité d’apprendre et... le travail, un travail systématique. Il faut s’entraîner trois heures tous les jours et non pas dix heures une fois tous les quinze jours. La discipline est aussi importante sur scène. Il m’arrive de donner un récital à la fin d’une longue journée. C’est bien la discipline qui me fait oublier ma fatigue.

Vous consacrez beaucoup de temps aux jeunes pianistes. Vous enseignez à l’Université de musique Frédéric Chopin et à l’École de musique Zenon Brzewski. Vous animez également des masterclasses de musique de chambre dans le cadre du Festival Au pays de Chopin. Les questions techniques mises à part, quelles sont les valeurs que vous enseignez à ces jeunes ?

Ils doivent surtout travailler leur psychique. C’est un facteur essentiel qui fait tout réussir ou tout gâcher. Je me rappelle les cours de psychologie à l’Académie de musique. Tous les étudiants posaient des questions concernant le trac. Nos cours de psychologie n’apportaient pas de réponse. Nous étions déçus et posions des questions sur l’utilité de la psychologie. Un enseignant et un pianiste doivent savoir apporter une réponse psychologique à beaucoup de questions. Le trac m’a fait vivre des moments difficiles et j’ai appris à analyser chaque apparition sur scène. À présent, j’ai compris le mécanisme du trac, je sais comment il fonctionne et comment l’expliquer à mes étudiants. Cependant, savoir ne veut pas toujours dire pouvoir. Mes étudiants me demandent d’analyser l’aspect psychologique de leurs prestations. Je pense que les questions psychologiques, celles liées au trac et celles concernant le message à transmettre sur scène sont importantes. Il faut savoir garder ses distances. Si jouer représente tout pour moi, un jour cette situation deviendra insupportable.

L’expression est aussi une question primordiale. Comme le monde qui nous entoure apporte de plus en plus de stimulants, un pianiste sur scène doit aussi se monter plus expressif ; le public l’attend de sa part. Il s’avère que l’on peut interpréter un forte de nombreuses manières et qu’un piano peut sonner tout bas et encore plus bas. Je ne fais jamais travailler mes étudiants que sur la technique, j’ai fait toujours un lien avec l’interprétation. La technique est un moyen et non pas une fin en soi.

Combien de concerts avez-vous joué cette année ?

Je ne fais pas le compte ; certains mois, une bonne vingtaine et d’autres, peut-être cinq. Je donne en moyenne cent concerts par an, sans compter les sessions d’enregistrement.

Je vous remercie de cet entretien.

(Entretien réalisé par Joanna Maluga, Bureau des Célébrations CHOPIN 2010)

Joanna Ławrynowicz est née à Varsovie dans une famille à longue tradition musicale. Â l’âge de quatre ans, elle a commencé à étudier le piano avec Hanna Lachertowa et a fait ses études avec mention à l’Académie de musique Frédéric Chopin de Varsovie, dans la classe de Teresa Manasterska. Elle a continué à se perfectionner sous l’œil de Halina Czerny-Stefańska jusqu’à sa mort en 2001.

Lauréate de nombreux grands concours internationaux de piano : Concours Steinway&Sons de Berlin 1990, Concours Chopin de Darmstadt 1999, Concours Halina Czerny-Stefańska de Ajigasawa 2000 (Grand Prix et prix spécial pour la meilleure interprétation d’une œuvre japonaise), Concours Art Livre de Sao Paulo (Brésil) 2001.

Depuis plusieurs années, elle donne beaucoup de concerts dans le monde entier en tant que soliste et musicienne de chambre (notamment en Europe, en Asie, aux Amériques, en Nouvelle Zélande).
Elle a joué de nombreux concerts prestigieux en Pologne et à l’international, accompagnée d’excellents orchestres et de chefs d’orchestres éminents.

Elle est la pianiste polonaise ayant la plus forte activité phonographique. Depuis 2002, elle a un contrat exclusif avec la Maison d’édition de musique Acte Préalable pour laquelle elle a déjà enregistré une vingtaine d’albums de disques (notamment l’intégrale des œuvres de Chopin).
La pianiste anime des séminaires et des formations en Pologne et à l’étranger, notamment aux États-Unis, à la fameuse Université Bloomington de l’Indiana, à Shanghai (Chine), à Paris (France), au Conservatoire de Boulogne Billancourt.

Membre du jury du Concours international de Piano de Varenna en Italie.

La pianiste enseigne dans la classe de piano à l’Université de musique Frédéric Chopin de Varsovie et à l’École de musique Zenon Brzewski à Varsovie.

Ses étudiants on remporté de nombreux prix aux concours de piano et de musique de chambre, aussi bien en Pologne qu’à l’international.

CHOPIN ne m’a jamais déçue

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